Le colonel Gottfried Scholl (1803-1865), après avoir été au service du roi de Naples, rentre à Bienne, où il est élu au Conseil municipal, et s’engage pleinement dans la vie culturelle de sa cité. Membre de la Société jurassienne d’émulation à Porrentruy, il fonde la Section biennoise en 1854. Sous son impulsion, une douzaine de Biennois rejoignent la SJE. Deux artistes-peintres biennois furent bientôt admis en qualité de membres honoraires : Aurèle Robert, frère du célèbre peintre Léopold Robert et père du peintre Paul Robert, et Georges Frédéric Heilmann, admis en 1855. Plus tard les célèbres peintres Philippe Robert, à qui l’on doit les fresques de la salle d’attente de la gare de Bienne, et Charles L’Eplattenier adhéreront à leur tour à la Section biennoise.


La constitution de la Section de Bienne a lieu dans un contexte d’industrialisation de la ville. De 1845 à 1849, les autorités de l’époque ont exempté d’impôts les artisans horlogers désireux de s’y installer. Avec 1700 horlogers, pour la plupart jurassiens, venus s’implanter à Bienne, la population a rapidement doublé. La ville est ainsi devenue bilingue. 


Gottfried Scholl organise à Bienne la première exposition cantonale bernoise des beaux-arts, en 1855. En 1856, la Section biennoise accueille l’assemblée générale de la SJE et profite de l’occasion pour emmener les membres chez Friedrich Schwab, collectionneur d’antiquités. Scholl propose ensuite, en 1861, de créer un musée municipal à Bienne comprenant les « trouvailles archéologiques » du colonel Schwab. Ce vœu se réalisera en 1865, lors du legs de la collection Schwab à la ville.

Sans activité pendant la Première Guerre mondiale, la Section biennoise a été refondée en 1922. En 1938, elle s’affilie à la Voix romande, ce qui lui permet d’entretenir un contact précieux avec les autres sociétés romandes de la ville. Notre Section en est toujours membre à ce jour.

La Section biennoise a résisté au temps en traversant des périodes parfois difficiles. Durant la Seconde Guerre mondiale, les mobilisations nuisent aux activités, qui se limitent à quelques conférences. Un nouvel élan se dessine dans les années 1950 ; en 1955, la Section organise l’assemblée générale de la Société suisse d’histoire. Lors des plébiscites jurassiens de 1974 et 1975, la Section connaît une dizaine de démissions dans ses rangs pour des motifs politiques. Malgré cela, la Section a continué sans relâche ses activités, invitant régulièrement ses membres à des manifestations culturelles variées, conférences, visites d’expositions, de sites archéologiques, industriels, naturels ou artisanaux.